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  • Olivier Bodenmann

Antennes 5G adaptatives : puissance x10 !

Dernière mise à jour : nov. 20


OFEV : "Téléphonie mobile : l’aide à l’exécution relative aux antennes adaptatives est publiée" [document]


Les "aides à l’exécution" de l’ORNI viennent d’être publiées [23 février 2021].

Pour les plus grosses antennes adaptatives 5G (64T64R), un facteur de réduction théorique de la puissance de ces antennes d’une valeur de 10 va être appliqué. Oui, cela veut bien dire que les antennes ayant le plus de cellules auront le droit d’émettre « à court terme » 10 fois plus fort ! Par exemple, une antenne adaptative 5G de 10'000 W à 64 cellules, se verra gratifiée d'un facteur de division de 10, qui donnera alors une puissance calculée de 1000W seulement. Un facteur de 10 sur la puissance émise correspond à un facteur 3.16 sur l'intensité maximale du champ électrique, ce qui reviendrait à autoriser non pas 5V/m mais 5 * 3.16 = 16V/m dans les lieux d'utilisation sensibles (LUS), comme une chambre à coucher ou une salle de classe. Où est le principe de précaution ?


Certes, les antennes adaptatives doivent être normalement dotées d'un dispositif de régulation automatique de puissance pour limiter la puissance moyenne émise à 6V/m maximum. Mais cela ne limite pas les valeurs de crête, or c'est bien de cela dont nous parlons ici.

Citation du document publié par l'OFEV : "Son emploi [du facteur de correction] permet aux antennes adaptatives de dépasser pendant un bref laps de temps la puissance d’émission utilisée pour le calcul. [...] un dispositif automatique de limitation de puissance [...] garantit que la moyenne pondérée sur 6 minutes de la puissance émise ne dépasse pas la puissance émettrice servant au calcul." On reste donc dans la logique du seul effet thermique, en excluant tous les effets biologiques, pour lesquels on sait que les valeurs maximales instantanées sont importantes.

Dans la "newsletter" du groupe consultatif BERENIS mandaté par le DETEC, consacrée en priorité aux effets biologiques des rayonnements non ionisants (RNI) tels que le stress oxydatif cellulaire, on peut lire ceci : "une tendance se dessine néanmoins, à savoir que l’exposition aux CEM, même à faible dose, peut entraîner une rupture de l’équilibre oxydatif "

Ces "aides à l'exécution" étaient attendues depuis longtemps par les cantons mais leur contenu est pour le moins inquiétant pour la santé future de la population, particulièrement compte tenu du nombre grandissant de personnes qui deviennent intolérantes aux ondes électromagnétiques (EHS). Les impacts santé des RNI ne se limitent toutefois pas à une intolérance mais couvrent une gamme large d'affections diverses qui peuvent être graves. Les impacts environnementaux ne sont pas pris en compte non plus. On peut donc bien parler de "mort du principe de précaution".

Le risque est double : premièrement, que les cantons qui pratiquaient un "gel administratif", à l'instar des cantons de Vaud et Genève, cessent de le faire et accordent maintenant massivement les nombreuses demandes de permis de construire en attente pour des antennes adaptatives 5G, et deuxièmement, que la population, ainsi que l'environnement, se trouvent exposés à une irradiation grandissant exponentiellement au cours du temps avec l'adoption de plus en plus large de la 5G, particulièrement avec toute une pléthore d'objets connectés et de téléphones mobiles.

Il est important de noter qu'en effet les facteurs de réduction sont calculés en prenant en compte une utilisation moyenne estimée de l'antenne qui ne correspondra plus à la réalité dans un futur peut-être très proche, vu que les opérateurs proposent maintenant des "internet boosters" utilisant le réseau mobile pour "booster" le réseau fixe, ce qui est une aberration tant du point de vue technologique que du point de vue de l'impact potentiel probable sur la santé et l'environnement.

Le résultat est donc que l'on pourra prétendre que ces antennes adaptatives respectent les limites d'émission de l'ORNI (5 ou 6V/m selon le cas) mais ce sera doublement inexact car non seulement ce calcul sera basé sur une moyenne sur 6 minutes de la valeur efficace du rayonnement, sans réelle prise en compte des valeurs de crête, mais surtout il sera réduit d'un facteur pouvant aller jusqu'à 10.


On aura ainsi réussi le tour de force d'augmenter les puissances émises sans augmenter pour autant les valeurs limites... ce qui avait effectivement été refusé deux fois par nos élus, et qui posait problème pour le déploiement de la 5G, le rendant extrêmement malaisé voire quasiment impossible selon les fabricants d'antennes.


Communiqué des Médecins en faveur de l'environnement à ce sujet : "Antennes 5G : une augmentation des valeurs limites par une voie détournée"

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